Le trophée Ivara, manche de la coupe de France de pêche en apnée se déroulait à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) ce 05 avril 2026. Trente équipes de deux chasseurs participaient à cette compétition avec quelques-uns des meilleurs compétiteurs français et, c’est à noter, sept féminines dont la bretonne Loane Paraboschi !
Bien qu’ayant découvert la chasse sous-marine depuis peu, cette passionnée pratique ce sport avec assiduité et performance que ce soit en loisir sur la côte du Finistère où elle réside et aussi en compétition où elle se construit peu à peu une expérience sur les différents littoraux français. Découvrez dans l’interview suivante comment elle a vécu ce trophée Ivara avec son équipier, Julien Herpe !
▶ Loane, dans quel état d’esprit as-tu abordé cette compétition ?
« J’étais un peu stressée car c’était ma première participation au trophée Ivara, je ne connaissais pas la zone et c’était seulement ma 3ème compétition !
En même temps l’envie était forte : le plaisir de vivre l’expérience d’une rencontre nationale et le fait de me retrouver en confrontation avec de grands compétiteurs français était très motivant. Nous avions fait le voyage depuis la Bretagne avec Julien Herpe, avec qui je faisais équipe, nous avons une bonne entente et grâce à lui j’ai pu découvrir comment prendre des amers pour retrouver les pierres où nous avions vu du poisson les jours de repérage et construire un parcours pour le jour de la compétition.
Enfin, j’ai eu aussi l’agréable surprise de voir que nous étions sept femmes à participer à ce trophée dont deux binômes intégralement féminins ! »
▶ Comment s’est passé le repérage ?
« Etant arrivés sur place le mardi soir, nous disposions de quatre jours au maximum pour effectuer un travail de repérage sur une vaste zone allant du cap Béar au cap Napoléon. Nous nous sommes mis à l’eau dès le mercredi mais un vent fort, avec des rafales jusqu’à 90 km/h, nous a compliqué la tâche, c’était même presque difficile de progresser à la palme en surface ! Malgré tout, sur ces journées d’avant compétition, nous avons pu explorer la zone entre le cap Oullestrell et la roche de la Lioze, située dans l’anse de Paulilles. Cela nous a permis de trouver de jolis blocs prometteurs et de repérer quelques mostelles à trou. Les amers, pris, cela nous a permis de dessiner un parcours de pêche possible pour le jour J !
En discutant aussi avec d’autres chasseurs qui connaissent la zone, on a aussi eu quelques informations qui nous ont aidé à découvrir un peu mieux la zone, les poissons attendus et comprendre que la pêche à trou serait à privilégier. »
▶ Comment s’est déroulé la journée de compétition ?
« La bonne surprise le jour de la compétition, c’est que le vent était tombé, la mer calme et le soleil présent ! L’eau était autour de 13°C, nous avions prévu un parcours de pêche sur des fonds entre 5 et 16 m de profondeur. C’était parti pour cinq heures de palmage et d’apnée ! Notre recherche a porté sur les mostelles, les sars et les labres. Nous avions en tête la « maille » élevée fixée pour ces poissons pour cette compétition puis la taille minimale de capture à respecter était de 34 cm pour la mostelle et 28 cm pour le sar.
Depuis la plage de départ, dans l’anse de Paulilles, nous sommes partis rapidement en palmage jusqu’au cap Oullestrell pour retrouver les deux pierres où nous avions aperçu des mostelles lors du repérage. Malheureusement la première était vide. Sur la seconde, la grosse mostelle était encore là et un sar lui tenait même compagnie… cela nous a permis de capturer rapidement nos deux premiers poissons.
Nous avons alors décidé de rejoindre la fameuse remontée de la Lioze. Là nous avons trouvé dans des blocs, un premier labre merle puis un second vers 13 m de fond. Sur cette zone, j’ai observé que les poissons se cachent dans des failles souvent très étroites. J’étais équipé d’un fusil 75 cm avec un « peigne » cinq dents pour immobiliser le poisson et j’ai eu plusieurs fois des difficultés pour entrer l’arbalète et l’orienter dans le trou tellement les espaces sont limitées ! Nous avons ensuite effectué des descentes pendant une heure sur les roches avec du madrépore dans l’espoir de trouver des sars… mais rien !
Cinq heures, cela peut paraitre long mais le temps file vite durant une compétition ! Ne voyant plus de vie, nous sommes retournés sur le cap Oullestrell. Là nous avons exploré de belles pierres et blocs qui proposaient des cavités bien noires et étroites où nous avons eu la chance de capturer une nouvelle mostelle et plusieurs sars communs.
La fin de compétition approchait et un brouillard a alors enveloppé la zone, ce qui changeait l’ambiance et les repères en mer. Peu de temps après nous sortions de l’eau avec notre pêche de dix poissons (cinq sars, trois mostelles et deux labres). Cela nous a permis de nous classer 11ème – sur 30 équipes – sur ce trophée Ivara ! »
▶ Comment as-tu vécu cette expérience ?
« C’était une super expérience ! En terme de classement, personnellement je suis très satisfaite de cette place et de finir 2ème féminine, derrière Amandine Gomez, qui est championne d’Europe en titre. Comme je le disais ce n’était que ma 3ème participation à une compétition ! Je voudrais souligner le bon accueil de tous ! Et, en tant que femme, j’ai trouvé très sympa de me retrouver avec d’autres compétitrices. J’espère que cela continuera et que cela inspirera d’autres filles à participer à ces rencontres où on apprend beaucoup et avec de bons moments de partage autour d’une même passion. Le repas de compétition est aussi très convivial et riches en échanges. »
▶ Quels sont tes prochains objectifs en compétition ?
« Sur l’année 2026, je me suis fixée quelques objectifs pour continuer à acquérir de l’expérience. Je prévois de participer à une autre manche de coupe de France, le Lieu d’or à Portsall (Finistère) le 10 mai prochain. Je souhaite aussi faire le championnat régional individuel de Bretagne prévu à Penmarc’h (Finistère) et le championnat de France individuel qui se déroule en septembre prochain en Normandie. Comme je viens d’intégrer l’équipe de France féminine de pêche sous-marine FFPSA (ndlr : suite à la 2ème place prise par Loane au championnat de France individuel 2025), si je trouve le budget, je rêve aussi de pouvoir me rendre au championnat Euro-Afrique d’octobre 2026 au Monténégro ! »